La série Love, Victor : que faut-il en penser ?

La série Love, Victor : que faut-il en penser ?

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Love, Victor est une série américaine destinée de base à Disney + mais qui s’est retrouvé diffusé sur Hulu, le sujet étant peut-être un petit peu trop « brûlant » pour la firme aux grandes oreilles. C’est une série dérivée du film Love, Simon, qui reprend le même lieu, le même décor, mais qui nous offre un tout nouveau panel de personnages, et qui se permet d’aller plus en profondeur dans son développement !

N’hésitez pas à retrouver ma critique du film Love, Simon déjà présente sur les réseaux de Gay and Geek, et en attendant, voici ce que j’ai pensé de cette série de dix épisodes !

Victor et ses nouveaux amis !

Comme dans beaucoup de série pour adolescents, on reprend de nombreux codes bien connus. Le personnage principal est nouveau en ville, et va donc intégrer un nouveau lycée. C’est donc Victor Salazaz que l’on aura le plaisir de suivre tout au long de ces dix épisodes. Interprété par Michael Cimino, je me suis assez vite attaché à Victor bien qu’étrangement, et sans doute parce que j’ai aujourd’hui dépassé la trentaine et que mon adolescence est loin derrière moi, je n’étais pas toujours d’accord avec lui.

Victor est issu d’une famille latino, et vit donc avec ses parents, dont Isabel la maman est interprétée par l’excellente Ana Ortiz (Ugly Betty, Devious Maids), ainsi que sa sœur Pilar et son petit-frère Adrian. La famille n’arrive pas à Atlanta par hasard et de nombreux secrets vont éclater tout au long de la série et mettre à mal l’utopie familiale. C’est cliché, c’était évident, on le voyait venir, mais ça ne serait pas une comédie dramatique sans tout ça.

Avant d’aller plus loin, attardons-nous donc sur la famille Salazar. Armando et Isobel se sont donc mariés très jeunes, mais quelques mois auparavant, Isobel qui est professeur de piano a trompé son époux avec le patron de ce dernier (oui c’est digne d’une vraie télé-novela). Évidemment, le papa a frappé le patron, il s’est fait renvoyer, et l’on a déménagé tout le monde à Atlanta !

Victor et sa sœur Pilar

Si pour Victor, ce déménagement sera synonyme de plein de bonnes choses, pour sa sœur Pilar, c’est tout l’inverse. Elle a quitté ses amis, son petit-ami, et se retrouve seule au monde et s’enfonce dans la dépression classique de tout adolescent de son âge. Oui, j’ai eu beaucoup de mal avec Pilar, tellement j’avais l’impression qu’elle se victimisait et qu’elle ne faisait rien pour arranger sa situation, préférant se plaire dans cette situation d’adolescente rebelle.

Sa relation avec sa mère sera tout de même bien exploitée, la jeune fille en voulant énormément à celle qu’elle tient responsable de la situation, tandis que sa relation avec Victor est trop sous exploitée. Si bien que c’est seulement dans le dernier épisode qu’on tente un léger développement, mais ça sonnait faux. J’espère vraiment que la seconde saison corrigera le tir.

J’ai adoré le petit Adrian, mais ce dernier est relégué au troisième plan, servant de faire valoir et de comique de situation, ce qui est bien dommage. Et c’est souvent le cas des séries familiales, le plus jeune de la fratrie est malheureusement souvent mis de côté.

Victor rencontre Benji !

Parmi tous les secrets, il y a celui de Victor. Victor se cherche, pense être homosexuel, le cache à tout son entourage et va donc entrer en contact avec Simon Spier, un ancien élève de son lycée parti désormais vivre à New York avec Bram, son petit-ami. Oui, Simon est LE Simon du film et de la série de livre. La correspondance des deux garçons est mignonne, et vient ponctuer les débuts et les fins d’épisodes.

Cependant, Victor, par peur, par crainte, et tout un tas de choses qu’un adolescent de 16 ans peut vivre, va refuser pendant une grosse partie d’écouter ce qu’il ressent et il va tenter de se convaincre qu’il est hétérosexuel. C’est ainsi que Mia entre en jeu, et que sa nouvelle amie va vite devenir sa petite-amie.

J’ai eu beaucoup, beaucoup de peine pour Mia. Tout du long, on sentait l’échec de cette relation arriver. Victor est gay, son attirance pour Benji n’est pas anodine, il cherche tellement à être parfait, à vouloir plaire à tout le monde et sa famille en premier lieu, qu’il ne se rend même pas compte du mal qu’il va faire (et qu’il fait au final même pendant leur relation) à Mia.

Dîner de famille chez Mia qui rencontre sa belle-mère Véronica

Mia n’est pas un mauvais personnage. Elle est sympathique, pleine de bonne volonté, n’a plus de maman depuis que cette dernière à disparue du tableau. Le seul reproche que j’avais à faire à Mia était la manière dont elle pouvait traiter sa belle-mère Véronica (jouée par l’excellente Sophia Bush). Cette dernier tente tellement de bien faire, de prendre en compte les sentiments de Mia et de ne pas empiéter sur sa vie que je trouvais l’attitude de Mia assez décevante (surtout en référence à ce qu’elle a pu vivre face à la maman de Victor quelques épisodes plus tôt).

Finalement Mia est l’un des personnages sur lesquels la série s’attarde le plus, jusqu’au final ou elle découvre évidemment de la pire des manières la vérité sur Victor. Et pourtant, il en a eu des occasions de le lui dire… Mais non. Je ne sais pas si leur amitié se relèvera de ça (je pense que oui, on est quand même dans une série qui se veut optimiste et qui prônera le Happy Ending). Dans tous les cas, c’est l’excuse parfaite pour l’amener dans les bras d’Andrew, le beau gosse sportif du lycée qui se veut être un cliché de lui-même.

Andrew et Mia ont déjà eu une relation sexuelle par le passé, et la série tente vraiment de nous appâter à aimer cette potentielle relation a plus d’un moment. Je n’ai pas du tout accroché au personnage d’Andrew, mais je pense que Mia sera bien plus heureuse avec lui.

Le couple Felix/Lake : la réussite de la série !

Et nous avons enfin les deux réussites de la série à mon sens : Felix et Lake. Felix est le nouveau meilleur ami de Victor, son voisin de palier. Il est le gars bizarre du lycée, un peu survolté, que tout le monde évite, et qui me fait beaucoup penser à Stiles dans la série Teen Wolf. Lake est elle la meilleure amie de Mia, journaliste du lycée, qui vit dans l’ombre de sa mère, star de la télévision, et qui fait très attention à sa popularité et à l’image qu’elle reflète d’elle.

Oui, on le voit venir dès le premier épisode, mais le couple qui va s’installer progressivement entre ces deux personnages fonctionne ! A la manière de Stiles, fou amoureux de Lydia dans Teen Wolf, c’est exactement la même chose pour Felix. Il aime Lake depuis toujours mais elle ne semble pas le remarquer. Il faudra que leurs meilleurs amis se mettent en couple pour se retrouver à se fréquenter dans la même bande et devenir amis.

Et l’attirance aidant beaucoup, ils vont entreprendre une relation secrète que Lake refusera d’assumer aux yeux des autres. Et c’est au final un vrai travail qui sera fait pour les deux jeunes gens, à pas de bébé, qui mènera Lake et Félix à se découvrir et à s’ouvrir comme ils ne l’ont jamais fait avec quelqu’un d’autre.

Le baiser qui ne passe pas chez les Salazar

En plus de tout ça, les deux personnages sont très drôles de manière solitaire, mais encore plus quand ils sont associés et leur duo fonctionne énormément ! Ils sont à mon sens la véritable réussite de la série alors qu’ils n’étaient censés être que des personnages secondaires.

La scène du bal de promo ou Lake monte sur scène pour récupérer la couronne de la véritable reine (Mia, absente à ce moment-là), et qu’elle demande à Félix de la rejoindre pour être son roi était touchante, drôle et parfaitement à leur image. J’ai vraiment hâte de les retrouver en seconde saison pour voir comment tout ça évoluera !

Pour en revenir au cœur même de la série, Victor va donc apprendre à s’assumer tout du long. En fréquentant Benji, qui devient son collègue de travail, qui est ouvertement gay mais déjà en couple. Évidemment, Victor est très attiré par lui et l’on attendra dix épisodes afin de savoir comment les deux garçons vont faire pour être réunis !

Victor est en visite à New York !

J’ai beaucoup aimé également l’épisode 8 ou Victor se rend à New York pour rencontrer Simon, Bram et leurs amis. Ils me font penser d’une certaine manière à une bande d’amis parisiens, ou évidemment, c’est beaucoup plus simple d’être soi même que dans une petite bourgade. Puis revoir Simon et Bram est très plaisant, leur couple est solide et se veut à l’image de cet univers : feel-good.

Peut être un petit peu trop, dès qu’une menace « homophobe » se fait sentir, j’ai l’impression que la série tente de la régler d’un coup de baguette magique de manière que tout soit beau et rose (contrairement, malheureusement, à la triste réalité). Je prends pour exemple les grands parents de Victor (qui sont au passage détestable), qui demandent que Victor vire de chez lui Benji et son petit-ami qui se sont embrassés.

Victor leur tient tête, puis ses parents, et au final… Les grands parents sont d’accord avec eux reconnaissant que le monde évolue beaucoup plus vite que leur mentalité (c’est vrai), et que ça ne les dérange plus… C’était tellement rapide que l’on a du mal à trouver cela crédible.

Le bisous : enfin !

J’ai tout de même hâte de voir quel traitement sera réservé au coming-out de Victor face à sa famille dans la dernière scène de la saison. J’espère être surpris positivement en tout cas ! N’hésitez pas à me dire également ce que vous avez pensé de la série, je serai ravi de lire vos retours !


Une série qui vous veut du bien !

Alounet

Le sériephile du couple, c’est moi ! Passionné depuis ma découverte à la télévision d’une célèbre chasseuse de vampires, j’aime tout autant jouer à Pokémon, lire un Harry Potter, mater du Dragon Ball où profiter de mes abonnements Netflix et UGC Illimités. Mon rêve de journaliste à la Lois Lane, je le vis sur ce blog !