Pourquoi Love Simon est un excellent teen-movie gay ?

Pourquoi Love Simon est un excellent teen-movie gay ?

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Al’approche de la série Love, Victor qui va débarquer sur HULU aux États Unis en juin, j’ai décidé de regarder à nouveau le film dont cette série est le spin-off, à savoir LOVE, SIMON. Je ne reviendrais pas sur le fait que LOVE, VICTOR va être sur Hulu et non Disney + comme c’était prévu (je n’ai pas envie d’imaginer que le fait qu’un personnage principal soit gay puisse avoir dérangé la firme aux grandes oreilles), mais je vais revenir sur ce film, adapté d’un livre intitulé Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens.

Le livre dont est adapté le film est une vraie merveille.

Je m’étais fait offrir ce livre deux ans avant la sortie du film. Parce que le titre m’intriguait, parce que j’aime les romans jeunesse, et parce que quelque chose m’attirait dans cette quatrième de couverture. Je ne l’ai pas regretté, j’ai dévoré ce roman de Becky Albertalli. L’histoire est assez simple, on suit Simon Spier, jeune américain de 16 ans, un jeune homosexuel n’ayant pas encore fait son coming-out. Il entretient une correspondance par internet avec un autre jeune de son école dans la même situation et qui se fait surnommer Blue.

C’est comme ça que trois ans après sa sortie, Greg Berlanti va l’adapter au cinéma et faire de ce film, le premier teen-movie grand public à mettre à l’avant plan un jeune homme gay. Oui, il aura fallut attendre 2018 pour que ce type de films arrive auprès du grand public. Jusqu’alors, les personnages gays étant souvent des faire valoir, les meilleurs amis d’une héroïne souvent présent pour apporter une note d’humour, mais rarement pour qu’on puisse s’identifier à eux.

Et ici, avec Simon Spier, je peux dire que je m’identifie clairement et totalement au personnage. Car Simon est probablement ce que beaucoup de gays ont été à 16 ans. Il est dans une famille aimante, adore sa petite sœur même s’il ne le lui dit pas, ses parents ont de bonnes situations, il a un groupe d’amis très sympas, comme beaucoup de lycéen. Oui, mais il n’est pas tout à fait lui-même et garde pour lui son homosexualité.

Simon Spier est un adorable personnage

C’est au collège de mon côté que mon coming-out s’est fait en partie, puis au lycée qu’il s’est poursuivi. Au collège, j’ai eu la bêtise de faire confiance a ce que je pensais être des copines, et il a fallut moins d’une semaine pour que le collège entier soit au courant. J’avais 13 ans et c’était il y a 18 ans, donc une autre époque. Heureusement – et je ne sais pas comment – j’étais parvenu à faire en sorte que ça ne sorte pas du collège et se propage dans ma famille. Mais je ne faisais que reculer l’échéance. A peine arrivé au lycée, l’info s’est diffusée comme une trainée de poudre, j’ai du donc assez vite assumer qui j’étais – parce que d’autres le faisait à ma place.

Je me souviens de deux anecdotes particulières. En seconde, les cours de sport furent divisés en deux, filles d’un côté, garçons de l’autre. Évidemment, je suis un mec, j’étais avec les mecs, et ça ne leur plaisait pas. Ou leur faisait peur. Toujours est-il que c’est ainsi que je me suis mis à ne plus aller en sport le vendredi. Au conseil de classe du premier trimestre, début novembre, en tant que délégué j’étais présent. Et quand il est arrivé mon tour et qu’il fallait me justifier de mes absences, j’ai pris la parole et annoncé devant une douzaine de membres du corps enseignant dont la directrice que j’étais gay et que ça n’était pas évident.

Bien que surprenant pour l’époque, les profs – de mon souvenir – m’ont bien encadré et soutenu. Si bien que je suis le premier élève masculin a avoir eu l’autorisation exceptionnelle de faire du sport avec les filles, ou je me sentais plus à l’aise, plus en sécurité, qu’avec les garçons. Est-ce normal ? Non. Et j’ose à penser que presque 20 ans plus tard, les choses ont changé.

Au lycée, Simon est bien entouré.

Et pour ma famille, c’est donc la CPE de mon lycée qui a fait mon coming-out à ma place. Car comme Simon dans le film, j’ai été privé aussi de cela. Elle a cru bien faire de son côté, pensant que si je m’assumais si bien au lycée, c’est que ma famille était au courant. Elle avait tord. J’étais sur mes 15 ans ou presque et il a fallut gérer les émotions, les inquiétudes, et tout le bazar que ça entrainait.

Au final tout va bien, et malgré quelques incidents, on peut dire que comme Simon, ça s’est bien passé. Et c’est le plus important. Et j’espère vraiment que ce film va encourager certains jeunes à franchir le pas et les aider à s’assumer. Ou a d’autres comme moi à revenir avec nostalgie sur la période du lycée.

Dans ce film, il y a certaines scènes assez émouvantes qui m’ont énormément touché et qui m’ont fait pleurer. Je pense à la scène ou la petite sœur de Simon découvre l’article sur internet ou il est révélé que son frère est gay. Elle le prévient, elle cherche ses mots, souhaite bien faire. J’ai le souvenir – assez flou – d’une discussion presque identique avec ma petite sœur.

Simon est entouré d’une famille aimante qui le soutiendra.

Il y a celle de Noël, ou Simon ouvre ses cadeaux avec ses parents, ou il leur avoue tout. La réaction des parents est juste, crédible. Et ne parlons pas du tête à tête de Simon avec sa mère jouée par la brillantissime Jennifer Garner : c’était intense et c’était vrai.

Parce que quand je regarde ce film, même si c’est un teen-movie et que comme souvent on va vers du Happy Ending, on ne peut enlever le fait qu’il y ai du vrai dans les réactions et les émotions des personnages.

Comme avec cet autre scène ou Mme Albright, la prof de théâtre exubérante et colérique, va – devant toute l’école – remettre à sa place les deux idiots qui ont voulu se moquer des deux élèves ouvertement gay du lycée, dont Simon. Elle ne mâche pas ses mots, elle les détruit complètement, les humiliant. Et ça fait du bien. Car oui, quand on est gay à 16 ans, même si on a l’impression souvent d’être seuls, on ne l’est pas.

Lorsque son coming-out est fait, la situation est difficile pour Simon

Et il y a souvent plusieurs manières de vivre son homosexualité au lycée. Nous avons Simon, qui ne veut pas se définir comme un « cliché », qui cherche ce qu’est être gay. Oui, il aime les hommes, oui ses premiers émois furent sur Daniel Radcliffe (et je ne peux pas l’en blâmer, Daniel Radcliffe à de quoi émoustiller), mais est-ce qu’il doit devenir un féru de la mode ? Non. Est-ce qu’il doit se mettre à danser et être doué pour les musicals ? Clairement non (bon de mon côté, c’est en partie la danse, et cet univers qui m’a aidé, comme quoi, on est bien tous différents).

Simon est gay mais reste celui qu’il est. Il n’a pas changé. Et c’est ce que son entourage va lui faire comprendre.

Puis nous avons Ethan, le seul élève ouvertement gay dès le début du film. De son côté, il ne se cache pas bien au contraire. Il est la cible facile des homophobes et de ceux qui souhaitent se moquer, mais il ne se laisse pas faire. Est-ce dur ? Oui. Est-ce facile ? Non. Mais il est là, il est qui il est, même si ça veut dire s’habiller différemment et être plus maniéré que Simon par exemple. La conversation des deux ados étaient sympathique aussi. Simon pensant que c’est facile pour Ethan d’être lui-même et ce dernier lui confirmant l’inverse.

Bram est-il Blue ?

Et enfin nous avons Blue. On va passer tout le film à essayer de deviner l’identité du correspondant mystérieux de Simon. Trois candidats sortirons du lot.  (attention, si vous n’avez pas vu le film, je vais vous spoiler sur l’identité du personnage donc arrêtez vous ici !), Blue qui veut rester dans le placard, Blue qui a du mal à montrer à Simon qui il est. Blue qui veut rester discret, dont les parents sont séparés, qui est juif… Mais comme on le découvrira à la fin, qui est aussi noir. Gay, juif, noir. Blue – qui est en réalité Bram – a donc plusieurs raisons, d’avoir peur et de craindre le regard des autres.

J’ai aimé les échanges de Simon et Bram de manière virtuelle, et j’ai adoré la scène de la grande roue ou Simon, soutenu par ses amis et camarades, attend l’arrivée de son prince charmant. C’est niais, c’est feel good, mais ça représente ce film. Un film feel god, sympathique, qui fait chaud au cœur et comme il faudrait en regarder plus souvent.

Simon fantasmera sur plusieurs personnes pouvant être Blue.

Car même s’il est important de montrer des drames, de voir que tout n’a pas toujours était rose pour les LGBTI, c’est important de voir aussi le bon côté, le côté lumineux, celui ou l’on finit heureux et en bonne santé.

Il y a des moments plus difficiles quand Simon, pour protéger son secret va s’enliser dans des mensonges auprès der ses amis et que ça lui retombera dessus. C’est dur parce qu’au final, il pense bien faire et ses amis ne vont pas le rejeter parce qu’il est gay, mais se sentir trahis et déçu qu’il se soit servi d’eux ou qu’il les ai manipulés.

Love, Simon c’est aussi un bon film pour sa galerie de personnages. Abby, la nouvelle amie qui vient d’arriver au lycée et dont les parents se sont séparés dans les larmes. Nick, le meilleur ami de toujours de Simon, ou bien encore Léah, la meilleure amie de Simon, secrètement amoureuse de lui et que vous pourrez retrouver dans la suite Leah a contre temps (uniquement en livre, j’ignore si un film la concernant sera adapté, mais j’en doute).

Simon peut compter sur ses amis Abby, Nick et Leah.

Et le casting est brillamment interprété. Nick Robinson est un parfait Simon Spier, mignon, attachant, tel que je l’imaginais en lisant le livre. Ses parents sont joués par deux pointures de la télévision : Jennifer Garner et Josh Duhamel, et notons deux autres stars du petit écran tels que Katherine Langdord et Miles Heizer tout droit venu de 13 Reasons Why, ainsi que l’acteur ouvertement gay Keynan Lonsdale qui vient lui du Arrowerse (et plus précisément des séries Flash et Legends of Tomorrow).

Donc vous retrouverez à coup sur des visages familiers dans ce teen-movie que je ne peux que vous conseiller. Je remercie mon homme de m’avoir offert le Blu-ray à Noël 2018, j’ai enfin pris le temps de le regarder. Et c’était comme la première fois, j’ai adoré, mais ça vous l’avez compris.


Avatar positif d’Aldric
9
Touchant

Un film touchant, feel good comme il en faudrait plus souvent. Un teen movie mettant en avant un personnage gay. Un Simon Spier sur lequel on arrive à se projeter et s'identifier. Regardez le ! Ou lisez le livre, il est tout aussi bien.

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  • Aldric 9

Alounet

Le sériephile du couple, c’est moi ! Passionné depuis ma découverte à la télévision d’une célèbre chasseuse de vampires, j’aime tout autant jouer à Pokémon, lire un Harry Potter, mater du Dragon Ball où profiter de mes abonnements Netflix et UGC Illimités. Mon rêve de journaliste à la Lois Lane, je le vis sur ce blog !