Quinze Dias sur Netflix : cette romance gay brésilienne m’a touché en plein cœur

Il y a des films qu’on lance un peu par curiosité, parce qu’ils viennent de sortir, parce que la bande-annonce nous a donné envie ou simplement parce que Netflix nous les met sous le nez. Quinze Dias, je l’attendais depuis un moment. Depuis que j’avais vu des certaines personnes en parler sur Twitter, puis que j’ai appris que Netflix le diffuserait !

Le film est arrivé sur Netflix ce 19 août 2026, et autant dire que je n’ai pas attendu longtemps : je l’ai dévoré dès son premier jour de mise en ligne. Et je crois que je savais déjà, au bout de quelques minutes, que j’allais énormément m’attacher à Felipe.

Petite précision au passage parce que moi-même, au départ, je pensais qu’il s’agissait d’un film portugais : Quinze Dias est en réalité un film brésilien, tourné en portugais brésilien. Il est réalisé par Daniel Lieff et adapté du roman du même nom de Vitor Martins, publié en 2017. Le film était sorti dans les cinémas brésiliens le 18 juin 2026 avant d’arriver mondialement sur Netflix le 19 août.

Et sincèrement ? J’ai adoré.

Pas simplement parce qu’il s’agit d’une jolie romance gay adolescente. Pas simplement parce que les personnages sont adorables ou parce que le film multiplie les références à la pop culture que j’aime. Mais surtout parce que, derrière son côté très feel-good, Quinze Dias raconte quelque chose que l’on voit encore beaucoup trop rarement dans les romances LGBT : le droit d’être aimé lorsque l’on ne correspond pas aux standards physiques habituels.

Et forcément, ça m’a beaucoup parlé.

Quinze jours qui vont tout changer

Le personnage principal s’appelle Felipe, interprété par Miguel Lallo. Felipe est un adolescent gay, sensible, drôle, passionné de séries, de films et de culture populaire. Mais il est surtout profondément complexé par son corps.

Felipe est, comme il le dit lui même “gros”.

Et le film ne cherche ni à contourner le sujet, ni à trouver des mots plus « gentils » pour le faire disparaître. Son poids fait partie de son quotidien, principalement parce que les autres lui rappellent constamment qu’il ne correspond pas à la norme.

À l’école, Felipe est victime de moqueries et de harcèlement. Alors forcément, lorsque les vacances arrivent, il compte bien profiter de ces quelques semaines pour rester tranquillement chez lui, regarder ses séries, lire et surtout ne plus devoir affronter le regard des autres.

Sauf que sa mère, Rita, va légèrement modifier le programme.

Elle lui annonce que Caio, leur voisin, va venir habiter chez eux pendant quinze jours, le temps que ses parents soient absents.

Et ce n’est pas vraiment n’importe quel voisin.

Caio, interprété par Diego Lira, est un garçon que Felipe connaît depuis longtemps. Ils ont été proches lorsqu’ils étaient enfants, avant de s’éloigner progressivement en grandissant. Mais surtout, Caio est depuis des années le crush plus ou moins secret de Felipe. La présence de celui-ci dans son appartement pendant quinze jours va donc provoquer un léger mouvement de panique.

Enfin, léger…

Imaginez devoir vivre pendant deux semaines avec le garçon qui vous plaît alors que vous êtes déjà persuadé qu’il ne pourrait jamais s’intéresser à vous.

Voilà à peu près l’état d’esprit de Felipe.

C’est sur cette idée toute simple que repose une grande partie du film : quinze jours de proximité forcée entre deux garçons qui vont apprendre à se redécouvrir, à parler, à se confier et, évidemment, à regarder l’autre autrement. Le synopsis officiel présente d’ailleurs le film comme une histoire d’amour et de découverte de soi, sur fond de harcèlement, de grossophobie, d’homophobie et d’acceptation.

Sur le papier, on pourrait presque se dire qu’on connaît déjà la suite.

Et pourtant, j’ai marché à fond. Parce que Felipe, c’est un personnage dans lequel je me suis énormément reconnu

C’est probablement ce qui a fait toute la différence dans mon ressenti devant le film.

Je me suis énormément reconnu dans Felipe.

Moi-même gay et n’ayant jamais été mince, je connais ce rapport parfois extrêmement compliqué avec son propre corps. Et je pense qu’il y a quelque chose d’encore particulier lorsque l’on grandit en étant homosexuel.

Évidemment, les complexes physiques ne sont pas réservés aux gays. Mais dans la communauté gay, le rapport au corps peut prendre une place énorme.

Il suffit parfois de regarder les applications de rencontres, les réseaux sociaux ou simplement certaines représentations de l’homosexualité masculine pour avoir l’impression qu’il existe une sorte de modèle à respecter : être mince, musclé, sportif, parfaitement entretenu…

Et lorsque l’on n’entre pas dans ces cases, on peut très facilement finir par intégrer l’idée que l’on sera forcément moins désirable.

C’est exactement ce que j’ai retrouvé chez Felipe.

Le problème n’est même plus seulement le regard des autres : Felipe anticipe le rejet avant même qu’il existe. Il part du principe qu’un garçon comme Caio ne pourrait pas réellement s’intéresser à lui.

Parce que Caio est beau. Parce que Caio correspond davantage à ce que Felipe considère comme attirant. Et parce que Felipe a tellement entendu, directement ou indirectement, que son propre physique posait problème qu’il finit par le croire lui-même.

C’est là que le film m’a vraiment touché.

Il y a des pensées de Felipe que j’ai trouvées extrêmement justes. Cette impression de se demander pourquoi quelqu’un nous regarderait, cette tendance à analyser le moindre geste, le moindre regard, à chercher une explication autre que la plus simple : et si cette personne nous trouvait simplement beau ?

Quand on manque de confiance en son corps, accepter que quelqu’un puisse nous désirer est parfois beaucoup plus difficile qu’on pourrait l’imaginer. Et j’ai trouvé que Quinze Dias racontait très bien cela.

Heureusement, Caio ne débarque pas chez Felipe avec une déclaration d’amour dans les dix premières minutes. C’est justement ce que j’ai aimé.

Pendant ces quinze jours, leur relation évolue progressivement. Au début, il y a cette gêne absolument adorable entre eux. Felipe ne sait pas vraiment comment se comporter, il réfléchit trop, imagine mille scénarios dans sa tête et transforme parfois une situation parfaitement banale en véritable catastrophe intérieure.

Puis les discussions arrivent. Les confidences. Les regards changent. La proximité devient différente. Et, petit à petit, ce garçon que Felipe considérait presque comme inaccessible redevient simplement Caio.

Quelqu’un avec ses propres interrogations et ses propres fragilités.

Le film ne raconte donc pas uniquement comment Felipe tombe amoureux. Il raconte surtout comment il commence à comprendre qu’il peut être aimé en retour. Et cette nuance est vraiment importante. Parce que la romance ne fonctionne pas comme une récompense donnée à Felipe une fois qu’il aurait changé.

Felipe ne doit pas maigrir. Felipe ne doit pas devenir quelqu’un d’autre.

Il ne doit pas passer par une transformation physique spectaculaire avec la fameuse scène où le personnage enlève ses lunettes, change de coiffure et devient soudainement magnifique aux yeux de tout le monde.

Non. Caio commence à tomber amoureux de Felipe tel qu’il est. Et rien que pour cela, je trouve le film précieux.

Il faut aussi le dire : Caio est adorable.

Diego Lira apporte au personnage quelque chose de très doux qui fonctionne parfaitement face au côté beaucoup plus anxieux de Felipe. Là encore, j’ai apprécié que Caio ne soit pas présenté comme le garçon parfait venu sauver Felipe de tous ses complexes.

Il devient surtout celui qui lui permet progressivement de comprendre que la vision extrêmement dure qu’il a de lui-même n’est pas forcément celle que les autres ont de lui. Et forcément, voir leur relation avancer pendant ces quinze jours fait partie des choses qui rendent le film aussi addictif.

On attend les rapprochements. On guette les regards. On espère le petit geste qui va vouloir dire quelque chose. On a parfois envie de dire à Felipe : « Mais ouvre les yeux ! »

Bref, tout ce que j’aime dans une bonne comédie romantique.

Et lorsque la relation finit réellement par basculer vers quelque chose de plus amoureux, j’ai trouvé cela incroyablement mignon.

Ce n’est pas une romance basée sur le drame permanent. Elle parle de choses importantes, parfois douloureuses, mais elle garde toujours une énorme tendresse envers ses personnages. Et ça fait du bien.

Je veux également parler de Rita, la maman de Felipe, interprétée par Débora Falabella. J’ai trouvé leur relation vraiment très belle.

On voit beaucoup de films LGBT dans lesquels une partie importante de l’histoire tourne autour de l’acceptation des parents. Et ces histoires sont évidemment nécessaires parce qu’elles correspondent malheureusement encore à la réalité de beaucoup de jeunes. Mais ça fait aussi énormément de bien de voir autre chose.

Ici, Felipe peut être gay avec sa maman. Tout simplement. Le film ne transforme pas cela en énorme événement dramatique. Rita aime son fils, elle connaît ses fragilités, elle essaie de l’aider sans pour autant avoir toutes les réponses et leur relation possède quelque chose de très naturel.

Ils discutent. Ils plaisantent. Ils peuvent s’agacer. Elle essaie parfois de le pousser un peu hors de sa coquille. Mais derrière tout cela, on ressent surtout énormément d’amour.

Et j’ai vraiment aimé cette représentation d’une mère qui ne réduit jamais son fils à son homosexualité.

Felipe est gay, oui. Mais c’est surtout son fils. Cela paraît tout bête, pourtant je trouve encore aujourd’hui important de montrer ce genre de relation à l’écran.

Au fil du film, Felipe ne reste évidemment pas uniquement enfermé dans son appartement avec Caio.

Et c’est là qu’arrivent notamment Beca et sa petite amie Melissa, surnommée Mel. Beca est interprétée par Mika Soeiro et Mel par Bel Moreira. Beca est lesbienne tandis que Mel est bisexuelle, et leur relation occupe une place pas assez développée dans le film, mais reste quand même bien présente.

J’ai adoré ce petit groupe qui se construit autour de Felipe. Il y a une vraie chaleur dans leurs scènes ensemble. Ils donnent l’impression de ces amitiés que l’on construit parfois lorsqu’on est LGBT, avec des personnes qui deviennent une sorte de petite famille choisie.

Et surtout, je trouve important que Quinze Dias ne résume pas son univers queer à deux garçons amoureux. On a plusieurs personnages LGBT, plusieurs personnalités, plusieurs physiques, plusieurs façons de vivre son identité.

Le film montre simplement des jeunes gays, lesbiennes ou bisexuels qui vivent, qui aiment, qui plaisantent, qui se plantent parfois et qui ont des histoires qui ne sont pas exclusivement définies par leur orientation sexuelle. Et c’est exactement le type de représentation que j’ai envie de voir davantage.

Évidemment, en regardant Quinze Dias, il est presque impossible de ne pas penser par moments à Heartstopper. Et Netflix lui-même a clairement joué avec ce rapprochement : pour annoncer l’arrivée mondiale de Quinze Dias sur la plateforme, Miguel Lallo et Diego Lira ont rencontré à Londres Kit Connor et Joe Locke, les interprètes de Nick et Charlie.

Les deux œuvres possèdent effectivement beaucoup de points communs. Cette douceur. Cette façon de parler des premières expériences amoureuses. Les interrogations adolescentes. Les groupes d’amis LGBT. La peur de ne pas être assez bien pour la personne qui nous plaît.

Et surtout cette volonté de proposer des histoires queer qui ne soient pas uniquement construites autour de la souffrance. Mais Quinze Dias possède aussi sa propre identité. Et pour moi, sa grande force par rapport à beaucoup d’autres romances adolescentes LGBT vient justement de Felipe et de son physique.

Parce qu’on voit encore relativement peu de héros gays gros placés au centre d’une vraie romance. Pas le meilleur ami rigolo. Pas le confident. Pas le personnage secondaire qui fait des blagues. Le héros romantique.

Celui dont quelqu’un tombe amoureux. Et ça change énormément de choses.

C’est probablement la pensée que j’ai eue le plus souvent une fois le générique terminé : J’aurais aimé voir ce film plus jeune.

Parce que Quinze Dias est exactement le genre de film que je trouve utile et important pour un adolescent ou un jeune homosexuel qui se sent un peu hors norme. Un garçon gros. Un garçon très mince. Quelqu’un qui ne se trouve pas particulièrement beau. Quelqu’un qui ne ressemble pas aux garçons que l’on montre habituellement dans les romances. Quelqu’un qui se demande s’il aura lui aussi le droit à une histoire d’amour.

Quand on est adolescent, voir quelqu’un qui nous ressemble être aimé peut sembler être une toute petite chose. Ça ne l’est pas. La représentation n’efface évidemment pas les difficultés de la vie réelle. Mais elle peut planter une petite idée dans la tête d’un jeune :

« Peut-être que moi aussi, j’ai le droit à ça. »

Et rien que pour cela, je trouve Quinze Dias extrêmement important.

Et puisque mon blog ne s’appelle pas Gay and Geek pour rien, impossible de ne pas parler de toutes les références pop culture présentes dans le film !

Felipe est un personnage qui pense énormément à travers ce qu’il regarde. Films, séries, musique, Disney… tout cela nourrit son imaginaire.

Il y a notamment plusieurs petits clins d’œil à Disney qui m’ont immédiatement fait sourire. La Petite Sirène, évidemment. Mais également ce fameux « Tu as confiance en moi ? », qui fait écho à la scène d’Aladdin entre Aladdin et Jasmine.

Ce sont des petits détails, mais ce sont précisément ces petits détails qui font que je me suis senti encore plus proche de Felipe. Parce que je fonctionne aussi beaucoup comme ça. Associer une situation à un film. Une phrase à une scène. Une émotion à une chanson.

Et le film pousse encore plus loin cette idée lorsque Felipe commence littéralement à s’imaginer dans différents genres cinématographiques. C’est probablement l’un de mes aspects préférés du film.

À plusieurs reprises, Felipe transforme mentalement ce qui lui arrive en véritable scène de cinéma.

Et notamment en comédie musicale, avec un passage qui reprend tout l’univers très coloré et complètement déjanté de la comédie musicale Hairspray.

Là, forcément, vous m’avez complètement. J’adore ce genre de procédé. Ça donne au film une personnalité beaucoup plus forte et surtout ça nous fait entrer directement dans la tête de Felipe.

Parce que Felipe ressent tout très fort. Il imagine. Il fantasme. Il dramatise. Il romance. Il transforme parfois trois secondes de conversation en scénario de film entier dans sa tête. Et franchement… qui n’a jamais fait ça avec son crush ?

Ces séquences donnent aussi beaucoup de rythme au film et empêchent Quinze Dias de tomber dans quelque chose de trop sage. On reste dans une vraie comédie romantique moderne, pop, colorée, parfois presque cartoonesque dans ses fantasmes, tout en gardant au centre des sujets beaucoup plus sérieux. C’est exactement le mélange que j’aime.

Ce qui fonctionne particulièrement bien, c’est que le film reste lumineux sans prétendre que tout est facile. Felipe a été blessé. Les remarques grossophobes laissent des traces. Le harcèlement laisse des traces. Le regard que l’on porte sur soi-même ne change pas simplement parce qu’un beau garçon nous dit qu’il nous trouve attirant.

Et heureusement. Sinon le message aurait été beaucoup trop simpliste.

L’amour de Caio ne « guérit » pas Felipe. Il lui permet simplement d’avancer un peu. De comprendre certaines choses. De commencer à remettre en question cette petite voix intérieure qui lui répète qu’il est forcément moins bien que les autres. Et je trouve cela beaucoup plus intéressant.

Bien sûr, le film reste une comédie romantique adolescente et assume complètement son côté feel-good. Certaines situations sont très mignonnes, parfois presque idéalisées. Mais personnellement, je n’y vois absolument pas un défaut.

Tous les films LGBT n’ont pas besoin de finir dans la tragédie. Tous les films gays n’ont pas besoin d’être sombres. Parfois, on a aussi le droit d’avoir un crush, des papillons dans le ventre, des amis adorables, une maman aimante et une histoire d’amour qui nous fait sourire comme un idiot devant notre écran.

commentaires
Loading...

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More