Little Nightmares II – Une suite plus longue et (trop) cryptique

Après un premier volet aussi angoissant que plaisant, la licence Little Nightmares s’est décliné en un jeu mobile (Very Little Nightmares, qui prend la forme d’un jeu de réflexion plutôt sympathique) ainsi qu’en comics, pour en dévoiler davantage sur l’univers. Les fans attendaient toutefois une suite aux aventures de Six, et voient aujourd’hui leurs espoirs comblés avec LN II, toujours développé par Tarsier Studios et édité par Bandai Namco. Reste à voir si cette dernière suffira à combler les attentes des joueurs. Personnellement, j’en suis ressorti mitigé.

 


Une petite faim ? J’ai eu une petite pensée pour Resident Evil VII en arrivant ici !

Ce second volet nous propose une aventure d’environ 6 heures, soit le double du jeu de base. C’est correct, surtout que le titre évite l’écueil du premier jeu qui, avec ses DLC, trainait un peu trop en longueur. Le rythme est ici bien dosé, à l’exception d’un chapitre un poil trop long et moins inspiré que les autres. Rien de trop rebutant, heureusement, puisque c’est ce chapitre qui m’a permis de faire une pause entre deux (longues) sessions de jeu.

Dès le début de l’aventure, on retrouvera Six, avec autant de plaisir que de crainte. Elle sera toutefois reléguée au second rôle, puisque le protagoniste que l’on incarne n’est autre que Mono, un petit garçon avec un papier kraft troué au niveau des yeux en en guise de couvre-chef, qui est un brin plus rapide et plus fort que l’héroïne du premier opus. Ce dernier devra échapper au Chasseur, un des antagonistes du jeu qui veut la peau de notre avatar. Tout comme Little Nightmares premier du nom, le jeu est une course en avant, et on passera l’essentiel de notre temps à fuir les adultes, sans que l’on ne sache trop pourquoi.

Un accueil des plus charmants !

Si vous attendiez de cette suite qu’elle livre des réponses, vous serez probablement déçu, puisque le jeu se révèle encore plus cryptique que le matériau de base. Dans LN, la narration environnementale permettait de se faire une idée du scénario. Ici, on aura à chaque fois que des bribes incomplètes, la faute à cette volonté d’offrir de la diversité aux joueurs. Via son premier titre, Tarsier ne proposait qu’un unique environnement (magnifiquement travaillé cela dit), dans cette suite, on aura droit à une forêt, une école ou encore un hôpital.. D’autres environnements sont également de la partie, mais je vous laisse ici le plaisir de la découverte. Chaque environnement dispose d’un méchant bien spécifique, et je dois avouer qu’ils sont tous très travaillés et remplissent parfaitement leur mission : ils sont effrayants. Le soin apporté à leurs animations forcent le respect, et on ressent un profond sentiment de malaise quand ils sont dans la même pièce que nous.

Car oui, côté ambiance, il faut le reconnaître, les suédois de Tarsier Studios assurent toujours autant. Chaque endroit que l’on va visiter est superbement travaillé et impressionne. Il faut dire qu’encore une fois, on se sent tout petit face à l’immensité des décors. Little Nightmares s’inspire de lui-même et des titres de Playdead et renforce le contraste entre l’immensité des décors et les petits êtres que nous sommes. Sentiment renforcé par une direction artistique toujours infaillible et diverses améliorations graphiques notables sur consoles de salon. Les effets de lumières sont plus jolis que jamais, la fluidité n’est jamais prise en défaut. Un quasi sans faute sur la partie technique, si l’on fait fi des 2 crashs de ma console, qui semble davantage du à un soucis de rétrocompatibilité (jeu PS4 sur PS5) qu’à un réel problème avec le jeu.

A mangeeeeer !

Finalement, la partie où pêche Little Nightmares 2, c’est, à l’instar de son aîné, sur son gameplay, toujours trop approximatif dans ses sauts, ou même dans son game-design. Évoluer dans le décor se fait parfois sans mal, alors qu’à d’autres moments, ça révèlera de la torture pure et simple, la faute à des scripts omniprésents et mal indiqués visuellement. Ce défaut ressort essentiellement dans l’hôpital, qui met en scène des ennemis qui se déplacent uniquement s’ils sont dans l’ombre. Si on pointe la lampe-torche dessus – à l’image du jeu “1, 2, 3 Soleil!” – ils s’immobilisent. Sauf que dans la pratique, on galère à savoir s’ils sont suffisamment exposés à la lumière, ou s’ils sont suffisamment proches pour nous attraper… et ça donne lieu à des passages où l’on s’arrachera quelques cheveux. J’ai du m’y reprendre à une bonne douzaine de reprises à un moment de l’aventure pour passer “par chance” en tournant à 360° avec ma lumière dans les mains. Est-ce ce qu’on attendait de moi ? Honnêtement, je ne pense pas, mais je ne voyais pas comment passer autrement, vu le nombre d’ennemis s’approchant de moi. Les quelques combats que l’on devra mener dans le jeu, à l’aide d’une masse, ne sont guère plus réussis, à cause d’un flottement dans les coups et des scripts envahissants.

7

Little Nighmares II

Après Little Nightmares premier du nom, j'attendais de cette suite qu'elle me donne quelques éléments de réponses... Et clairement, sur ce point, le jeu n'a pas su répondre à mes attentes. Pour autant, grâce à son rythme maîtrisé, son ambiance toujours aussi réussie et ses adultes toujours aussi dérangeants, Tarsier Studios parvient à livrer une suite efficace, qui, à défaut d'apporter des réponses, saura satisfaire notre soif malsaine.

  • Johan 7
commentaires
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