Little Nightmares – Un ciré qui cache l’horreur

Little Nightmares – Un ciré qui cache l’horreur

Comme 2020, mon objectif de 2021 est de pouvoir concilier nouveaux jeux et backlog. Un jeu ancien suivi d’un jeu plus récent, et ainsi de suite. Little Nightmares fût donc un candidat parfait, puisque sa suite est sortie cette semaine. Pour autant, n’étant pas bien courageux, j’ai choisi de traverser cette épreuve en stream, la compagnie, même virtuelle, ayant tendance à me rassurer. Trois heures auront suffit pour venir à bout de cette aventure, aussi angoissante qu’intéressante à parcourir.


Six est vraiment très petite !

On débute ainsi l’aventure avec une petite fille du nom de Six, vêtue d’un imperméable jaune qui identifie le personnage entre 1000 autres héros de jeux vidéo. L’endroit est sombre, crasseux, et semble tanguer. On comprend assez rapidement que notre protagoniste cherche à fuir cet endroit terrifiant. Tout comme Limbo en son temps, la narration de Little Nightmares se fait sans qu’un seul mot ne soit prononcé. Chaque lieu visité nous conte une histoire, par son décor, par les actions que l’on doit réaliser… La narration est essentiellement visuelle, et fonctionne merveilleusement bien, via ses environnements poisseux et ses personnages horribles qui m’ont valu quelques cauchemars et cri d’effrois.

Il faut dire que notre personnage n’est pas non plus l’héroïne typique d’une aventure vidéoludique. Haute comme 3 pommes et particulièrement maigre, elle n’a pas beaucoup d’arguments pour faire face aux adultes qui peuplent les lieux. On jouera donc au jeu du chat et de la souris, en se faufilant sous les tables, dans les conduits et autres petits endroits exigus pour tenter de rester hors de portée de ces psychopathes en puissance.  Car oui, pour on ne sait quelle raison, l’endroit où l’on se trouve, l’Antre, réunit des dizaines d’enfants – tous en cage – qui semble finir dans les assiettes d’adultes obèses et affamées, mangeant de la viande crue par kilo entiers. On comprend aisément que Six ne souhaite pas finir dans le ventre bien tendu d’un résident du bateau. Malheureusement pour elle, les affamés ne seront pas les seules menaces. Du concierge aux cuisiniers, en passant par la Dame qui gère cet endroit, vous ne serez pas au bout de vos peines !

Design, gestuel, bruits… chaque antagoniste réussit son office : nous mettre mal à l’aise

En termes de rythme, le jeu de base est bien dosé, et saura vous tenir en haleine 3 heures durant. Oui, c’est effectivement court, mais une œuvre plus longue aurait eu raison de l’intensité du titre, ce que l’on ressent quand on parcourt les 3 extensions du jeu, qui malgré certaines qualités, sont un peu trop étirés et recyclent trop les décors pour réellement capter le joueur. On alterne ainsi régulièrement entre courses-poursuites effrénés et effrayantes et moment de calme où l’on devra venir à bout d’une énigme. Et à ce niveau, le studio semble avancer à tâtons. Ces dernières ne seront jamais bien complexes, mais le level-design n’est pas toujours bien fichu et vous fera un peu lutter, la faute à des indicateurs visuelles pas toujours évident à repérer.

La maniabilité de la petite fille aura également raison de notre patience à quelques moments de l’aventure. La faute à une gestion de la profondeur trop imprécise. Marcher sur une planche de bois disposé en diagonale et suspendu à 3m du sol devient une épreuve. Pareil pour les scripts, utilisé par les développeurs à outrance pour dynamiser l’aventure, mais qui pénalise la progression de temps à autre. Par exemple, si notre personnage est trop loin du bord de quelques centimètres, le saut ne s’enclenchera pas correctement, et on finira telle une crêpe quelques mètres plus bas.

Six est plutôt agile. Heureusement pour nous.

Des défauts qui ne sont donc pas anodins, mais qu’on parviendra tout de même à nuancer pour se concentrer sur l’essentiel : l’ambiance et l’aventure vécu. Comme Inside (sorti un an plus tôt), le jeu offre un rapport d’échelle assez fou entre notre minuscule personnage et les décors qui semblent gigantesque à côté, sentiment renforcé à un moment particulier de l’aventure, que je vous laisserai le soin de découvrir ! L’esthétique globale de Little Nightmares est maîtrisée, et remplit parfaitement son office. Nous faire sentir petit, nous mettre mal à l’aise et grimper crescendo sur le dérangeant, via des décors torturées, et une ambiance sonore loin d’être en reste, avec des bruits de pas, des objets qui tombent, se brisent… et le silence, pesant, dérangé uniquement par nos bruits de pas. La musique s’invite régulièrement, et se veut tantôt apaisante, tantôt stressante. Je vous le garantie, le thème principale du jeu restera en tête très longtemps après vos parties.

7
Flippant

Little Nighmares

Je n'attendais pas grand-chose de Little Nightmares, et j'en sors vraiment conquis. Court, le jeu l'est assurément, mais on est tenu en haleine durant 3 petites heures, et on ressort de l'expérience avec de nombreuses questions à l'esprit, car le jeu interroge, mais ne livre pratiquement aucune réponse, si ce n'est au sujet de Six. Les 3 DLC quant à eux sont sympathiques à faire, mais n'apporteront pas non plus beaucoup de réponses.

  • Kyotenshi 7

kyotenshi

Le geek gamer du couple, à la limite de l'addiction ! Passionné par le JV depuis mon plus jeune âge, j'adore discuter et écrire sur ce média ô combien riche. PC, PS4 Pro, Xbox One X ou Nintendo Switch, je joue sur tout, à toutes heures du jour et de la nuit !