Hollywood : que vaut la nouvelle série Netflix de Ryan Murphy ?

jusqu’au 1er mai, date de sortie de la série Hollywood sur Netflix, je ne m’étais pas vraiment intéressé à ce nouveau show de Ryan Murphy et Ian Brennan. J’en avais entendu quelques échos, il y a quelques semaines, en me disant que je la regarderais certainement (après tout ils sont à la tête de Glee), et c’est la veille que deux de mes copines m’ont rappelé l’existence de cette série et qu’elle sortait le lendemain. Je n’aurais mis que deux jours à me faire l’intégrale de cette première saison de 7 épisodes. Fort est de dire que j’ai passé un très bon moment.

À Los Angeles, quelque temps après la Seconde Guerre mondiale, un groupe d’artistes est prêt à tout pour démarrer une carrière dans l’industrie cinématographique. En plein âge d’or Hollywoodien, ils vont découvrir les coulisses d’une industrie remplie d’inégalités notamment envers les personnes de couleur, les femmes ou les homosexuels … Ils vont donc devoir se battre pour réaliser leurs rêves.

Vous l’aurez compris, Ryan Murphy va faire ce qu’il fait de mieux et mettre en avant de la diversité, se battre pour la différence et donner la parole à ceux qui étaient méprisés dans les années 50. Même si certains personnages sont réels et historiques, j’ai du mal à savoir si nous sommes là devant une œuvre de fiction ou beaucoup de ce qui est montré aurait été impossible à l’époque, ou si on peut aisément se dire « et pourquoi pas ? ».

J’adore les séries historiques, j’adore me plonger dans une ancienne époque dans laquelle je n’ai pas pu vivre et retrouver des costumes d’antan, des coiffures différentes et l’esthétique que ça peut apporter. La série dans son ton très coloré fait honneur à cet après-guerre. On est à Hollywood alors c’est punchy, c’est glamour. Mais je ne pensais vraiment pas qu’une place aussi large serait donné à la communauté gay. Ça ne m’embête pas, bien au contraire, mais c’est surprenant pour une série qui se déroule dans les années 50. Sur le casting principal, on a pas moins de 4 personnages gays (et de tout âges).

Outre la mise en avant homosexuelle, c’est une série qui sait aussi se battre pour le droit des noirs, en mettant en avant ici deux personnages – un scénariste d’un coté, une actrice de l’autre – qui vont devoir s’imposer et se battre pour être écouté et avoir le droit à la même chance que s’ils étaient blancs. Fort heureusement, ils vont se retrouver bien entouré.

Alors évidemment, l’industrie du spectacle et du cinéma a toujours était ouverte et tolérante, mais on ne peut pas dire qu’ils aient à faire face à de vraies difficultés tant leur entourage les aide, les soutient et va se montrer solidaires avec eux (tout comme avec les gays d’ailleurs).

Claire et Camille par exemple. Elles sont les deux meilleures comédiennes de l’écurie, elles sont présentées comme des rivales. Claire, la jolie blonde, fille du président de la compagnie, a tout pour réussir tant elle est belle, riche et populaire. Et bien quand Camille – talentueuse reconnaissons le – lui rafle la mise, on pourrait penser que Claire se comporterait en garce hollywoodienne face à la fille noire. Et bien non, elles vont devenir amies et se soutenir. J’ai aimé ça, j’ai trouvé cette relation plutôt jolie. Mais je me demandais à chaque fois : « est-ce que ça se serait passé comme ça a l’époque ? »

Tout comme les relations interraciales. Camille est ici la compagne de Raymond (joué par le sexy Darren Criss, oui, oui l’éternel Blaine de Glee), le jeune réalisateur. Bien qu’on nous dise que c’est compliqué pour eux de s’afficher publiquement, la menace ne paraît jamais vraiment présente.

Il n’y a que pour Archie, le scénariste black et gay, qui va tomber amoureux de Rock Hudson, le jeune acteur beau gosse, pour qui cela sera réellement montré. Dès que les deux garçons affichent leur relation sur les tapis rouges, on nous montre et on nous fait comprendre que la société refuse ça, ne l’accepte pas et les rejette. Mais leur bonne étoile (que l’on appellera Avis Amberg ici) va faire en sorte qu’ils ne perdent pas leur travail, ni leurs revenus.

Alors oui, c’est un message positif, c’est feel-good et le couple formé par les deux jeunes hommes est très mignon, on y reviendra. Mais est-ce réaliste pour les années 50 ? Je ne sais pas. Et en me renseignant un peu, j’ai découvert que Rock Hudson fait partie de ces personnages qui existaient réellement.

S’il est vrai qu’il était bien homosexuel, ses relations n’étaient pas aussi ouvertes et affichées, bien au contraire, les studios de cinéma et autres producteurs passant leur temps à lui prêter des liaisons ou à le marier pour cacher cela.

Tout cela pour dire que oui, il y a beaucoup de très bonnes intentions dans la série et le message est digne de Ryan Murphy : soyons ouverts, tolérants. Les homosexuels, les femmes et les noirs sont mis en avant et de manière très belle et très respectueuse.

Le fil rouge global de la série m’a plu. Du pilote au septième épisode, on va suivre un groupe de personnages qui vont tous se retrouver mêlés les uns aux autres en rejoignant un seul projet, le film Meg. Un film qui aura bien du mal à voir sa production arriver à son terme et à se retrouver dans les cinémas de l’Amérique. Un film qui doit beaucoup à tous ses personnages y ayant contribué et qui sera un message d’espoir et de renouveau pour cette Amérique des années 50.

On peut parler du personnage principal qu’on découvre dès le pilote, l’attachant Jack Castello, un ancien militaire, qui rêve de devenir acteur mais qui doit composer avec une jeune épouse enceinte. Son intrigue maritale était d’un ennui profond, mais le personnage en lui-même était mignon. Je vivais ses rêves par procuration. Le physique de l’acteur n’est pas pour me déplaire, je le reconnais (arrêtons nous juste 30 secondes sur sa séance photo de nu pour comprendre). Et il va se battre, faire de bonnes rencontres, se faire de bons amis, et parvenir à son but.

Car à la fin si beaucoup des personnages vont gagner un oscar, ça ne sera pas son cas, mais il va gagner beaucoup mieux lorsque Claire Wood acceptera de l’épouser. Car oui, une fois sorti de son intrigue maritale (et quel twist, elle était enceinte de jumeaux, mais pas de lui…), il aura une relation toute mignonne qui pourra se développer avec la fille d’une ancienne cliente.

Car oui, avant de devenir un acteur, il va devoir trouver un job alimentaire qui paye bien, et c’est la qu’Ernie et sa station service d’un nouveau genre entrent en jeu. Derrière les pompes à essence se cache un réseau de prostitution ou femmes malheureuses en ménage (mais riches), mais aussi homosexuels ne pouvant pas se montrer au grand jour viennent prendre du plaisir.

C’est par ce biais la que Jack rencontrera Archie, notre scénariste noir et gay au grand cœur qui va réussir, peu à peu, à s’imposer et à percer grâce à son scénario de Peg, qui sera renommé Meg. Archie qui est la bonne humeur et la joie incarnée, qui va défendre ses opinions et ne jamais se laisser faire. Sa relation avec Roy – qui deviendra Rock Hudson – est mignonne. Et c’est ce dernier, jeune personnage maladroit, timide et un peu gauche qui m’a particulièrement ému.

Il va rencontrer Henry Wilson, un manager et faiseur de stars peu scrupuleux qui n’hésitera pas à abuser de lui sexuellement pour faire de lui l’un de ses poulains. Si Henry – sur le dernier épisode – aura une rédemption qu’on ne manquera pas de noter, Rock aura du mal à lui pardonner, et c’est bien compréhensible.

Pour moi Rock c’est une sorte de grand garçon a qui j’avais toujours envie de faire des câlins en le prenant dans mes bras tellement il est mignon, tellement il est adorable.

Nous avons aussi Raymond, le réalisateur, ouvert d’esprit, sans qui rien ne serait possible. Il va permettre au final à sa compagne, noire, à Archie, noir et à une actrice méprisée parce qu’elle est asiatique, Anna May Wong, de briller et d’avoir le respect qu’ils méritent tous.

Du côté de la gente féminine, on est pas en reste. Camille Washington va décrocher le rôle principal de Meg est devenir une toute nouvelle icône, la première du genre et va devoir affronter le racisme ambiant de l’époque. Claire Wood se montrera touchante et pleine de ressources, et que dire de Ellen Kincaid, la directrice de casting qui cache un côté mère poule mes femme délaissée ?

C’est tout de même Avis Amberg qui me marquera le plus. Épouse du grand patron des studios ACE, elle va se retrouvée propulsée à la direction des studios après l’infarctus de son mari (du a un adultère). Elle va se montrer tellement innovante, tellement courageuse dans ses choix, que je ne peux que l’aimer et l’admirer.

Parlons également du générique, beau et brillant. Vraiment, je l’ai trouvé très beau. Bon, je n’ai pas grand-chose à en dire mais je voulais le souligner.

Au final cette fin de saison laisse sous entendre qu’il y en aura une seconde ? Pourquoi pas ! Je serai certainement au rendez vous si c’est le cas, même si cette fin est plus que satisfaisante et donne une conclusion à chacun des personnages de ce vaste casting.

Après Meg et la mise en avant d’un personnage noir dans un film grand public, les studios se lancent dans un film avec un couple homosexuel en personnages principaux (la aussi ça paraît tellement impensable pour les années 50…), peut être suivrons nous cela dans la deuxième saison ?


Sans être mauvais cela manque de crédibilité
7
Fascinant

Revenir dans les années 50 et voir une fiction mettant aussi à l'honneur la diversité que Hollywood, c'est plaisant et ça fait passer un bon moment !

  • Aldric 7
commentaires
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